L’INTERVIEW DE MACKY SALL, UN CAS PRATIQUE DE L’INCERTITUDE RADICALE

Les économistes font souvent référence à l’économiste américain Franck KNIGHT qui a théorisé la différence entre le risque et l’incertitude depuis 1921.
Il estime que le risque est une situation dans laquelle on peut appréhender l’avenir avec des possibilités (tenue de l’élection ou non) dont les probabilités sont connues (1% ou 80%,…).

L’incertitude est une situation où il n y a pas assez d’informations pour quantifier objectivement les différentes probabilités. On peut même ne pas pouvoir lister tous les schémas possibles à partir des informations disponibles. Dans ce cas, les économistes parlent d’incertitude khnightienne (de Knight) ou d’incertitude radicale.
A ce propos, le grand économiste John Maynard Keynes disait que l’incertitude est radicale car le monde est très fluctuant et changeant dans le long terme. Macky Sall aurait-il changé entre 2012 et 2024 ? ?

Après son interview de ce 22 Février, il est clair que les sénégalais qui attendaient des informations sur la date de l’élection présidentielle sont incapables de lister toutes les possibilités. L’horizon n’est pas dégagé: l’incertitude est radicale.
Le dialogue qu’il théorise s’inscrit dans le cadre de l’économie des conventions qui s’intéresse davantage aux problèmes institutionnels (ici Conseil constitutionnel, Assemblée nationale, Président de la république) en cherchant à analyser les nouvelles relations économiques (ici politiques) dans les marchés dits « internes » (ici entre politiciens, le peuple qui veut voter est exclu).

Pr Abou KANE
FASEG/UCAD

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